Mohammad Hossein Bahramian ! plutôt, Dash Hossein ! comme je t’appelais jadis.
Aujourd’hui après quarante ans d’amitié je suis profondément triste de t’avoir perdu mais aussi je t’en veux ! Je t’en veux d’avoir sacrifié ta vie, bien qu’aujourd’hui on doive respecter ton choix.

Certes, on t’a infligé l’injustice ; certes, on n’a pas reconnu ta valeur, ta place, tes connaissances, ton savoir-faire, ton œuvre.
Cette méconnaissance a frappé si fort ton esprit et ta pensée, elle t’a bouleversé à tel point que tu as noirci complètement ta vie durant ces dernières années.

Tu as essayé de saisir la justice et faire en sorte que tes revendications soient obtenues par la loi.
Cette voie longue et compliquée t’a déçu. Et finalement pour prouver que tu avais raison tu as décidé de sacrifier ta vie. Car tu croyais que cela était le seul moyen pour influencer la mentalité de ton adversaire !

Toi qui, durant ta vie, offrais ton temps, ton énergie et tes biens si généreusement aux autres, tu n’as même pas épargné ta vie car tu croyais que si tu n’avais pas réussi à faire valoir la vérité et le droit, à obtenir la justice durant tes jours, ta mort pourrait éclaircir les choses plus tard ou au moins aider les autres gens qui, comme toi, attendaient la justice.

Je crains que ce soit une rêverie ! Malheureusement, nous autres, tes amis, nous n’avons pas pu t’empêcher de poursuivre la voie que tu avais choisie. Car tu ne croyais pas à ceci :

« Tant que l’être humain n’est pas suffisamment éveillé et tant qu’il n’a pas compris la substance de l’humanité, les droits des individus et des peuples seront toujours violés par ceux qui sont au pouvoir ».


Morteza

texte dit par Léo à Paris, le 26 février 2006