Paris le 26-02-2006


Ousta Bahram

Nous étions plusieurs amis à vouloir pénétrer la complexité de son caractère.

Pendant toutes ces années, il nous racontait ses mésaventures, à chaque rencontre on finissait par discuter de ses problèmes, et il était toujours intransigeant dans ses idées et décidé d’aller jusqu’au bout.
Après sa disparition en réfléchissant à notre relation, je pensais à la poésie « Kathibeh » du Poète iranien Mehdi AKHAVAN SALES.

Une foule d’homme et de femme essaient d’atteindre une immense frise murale, ils la dégagent pour parvenir à lire l’inscription : « Qui me retournera découvrira mon secret sur l’autre côté ».

Ils parviennent après un immense effort à retourner la pierre et ils découvrent un autre message inscrit de l’autre côté : « Qui me retournera découvrira mon secret sur l’autre côté ».

En frottant la pierre de Bahram on découvre que l’un de ses secrets était son rapport avec l’enfance, la jeunesse. Bahram avait un lien particulier, il se sentait proche des enfants.

Il était le témoin de nombreuses unions puis des naissances qui suivaient ; il instaurait alors une relation directe avec chacun et chacune ….petit à petit tout au long des années il entretenait cette relation, les comprenant assez bien, les encourageant et jouant un rôle de régulateur.

Le sentiment de ces jeunes vis-à-vis de Bahram est particulièrement riche et vivant. Pour eux, Bahram était quelqu’un qui ne ressemblait pas à leurs parents : il n’avait ni femme, ni enfant, ni appartement, ni voiture, ni a priori, ni interdit, il était ouvert et cool….

Il n’avait pas d’action en Bourse, un compte en banque pas toujours équilibré mais il avait toutes ces dents et un très bon taux de cholestérol.

Pour tous les jeunes qui ont tissé une relation sympathique avec Bahram, j’ai envie de dire qu’il n’était pas désespéré, il n’était pas nihiliste, même si son acte est un cri d’alarme, une provocation, une protestation : il vivait mal, très mal, il ne le méritait pas.

Malgré tout dans sa minuscule chambre de bonne de 8 m2 et peut être moins : il a inventé, construit, travaillé…..
Il disait à mes enfants : avec vos moyens vous pouvez faire mieux.
Je dis à tous ces jeunes qui le connaissaient, il faut garder et conserver cet aspect positif de Bahram.
Son enthousiasme, son énergie à abattre des montagnes, de continuer, de trouver des solutions lui qui les cherchait pour les autres mais ne la trouvait pas pour lui.


Parviz