Paris 2 mars 2006

Mohammad, « Momo » pour les proches, nous te rendons un dernier hommage. Tu nous as quittés brutalement lundi après-midi. Il y a des promesses que l’on ne devrait pas tenir, mais tu n’étais pas fait de ce bois-là, et tu allais toujours jusqu’au bout du chemin que tu t’étais choisi, même s’il était épineux et difficile, et qu’il menait à la mort. Peu à peu, tu t’étais paré des attributs de Don Quichotte. Parfois, nous avons marché à tes côtés et nous t’avons suivi dans ton combat contre la perfectibilité de l’Atelier de Moulages, d’autres hommes, d’autres combats, d’autres douleurs, nos douleurs parfois nous attendaient sur d’autres routes.
Momo, nous sommes horriblement tristes de ton départ et nous nous sentons pauvres de mots en disant que tu vas nous manquer.

Nous devons aussi saluer ceux qui restent, et particulièrement ceux qui ont fait ce bout de chemin avec toi, parfois, qui étaient près de toi, démunis, seuls, terriblement seuls face à ta détresse. Ces femmes et ces hommes n’oublieront jamais ces minutes de souffrance indicible. Ces femmes et ces hommes, nous les soutiendrons, nous les écouterons, nous les porterons. Notre devoir collectif aujourd’hui est de porter tout l’amour possible à ceux qui étaient près de toi quand tu as décidé de partir pour toujours. Notre devoir collectif est de continuer ton combat.

En hommage à ta mémoire, nous nous battrons pour qu’il y ait moins de souffrance autour de nous et que nous prenions ensemble le chemin de la lutte pour la justice et le bonheur.
 

Murielle QUILLIVIC