Compte-rendu de l’hommage public à Bahram, le 2 mars 2006

 

La séance d’hommage s’est tenue devant le ministère de la Culture, dans l’enceinte du Palais-Royal, de 12 h 30 à 14 heures.
L’hommage, à l’initiative de Nicolas Monquaut, secrétaire général et de Franck Guillaumet, secrétaire national de la CGT-Culture, a permis à d’anciens de collègues de la RMN, à des agents du ministère et aux délégués syndicaux de rendre publiquement hommage à la mémoire de Bahram.
Les amis et proches de Bahram, réunis au sein de l’association Les Amis de Bahram, ont également été invités à se joindre à ce rendez-vous et ont pu faire part de leur colère.

Le choix du cadre splendide des Colonnes de Buren, au pied du prestigieux ministère de la Culture rend compte avec force du choc entre la beauté de ce lieu chargé d’histoire et de modernité, la solennité de ce site symbole de la culture française et la raison pour laquelle nous y étions, à savoir le suicide d’un des chantres.

Plusieurs discours ont été entendus, notamment de Nicolas Monquaut, secrétaire général de la CGT-Culture, Franck Guillaumet, membre du bureau national de la CGT-Culture et de Murielle Quillivic, collègue de l’atelier de moulage.

Il ressort de ses discours en hommage à Bahram :

- que sa disparition ajoute à la conscience de ceux qui l’ont accompagné dans sa lutte la nécessité d’apporter un soutien encore plus ferme et déterminé à ceux qui, aujourd’hui, vivent une situation de souffrance et d’injustice au travail ;

- que les idéaux partagés avec Bahram et son combat, devenu cause commune, ne sont pas destinés à être tus mais au contraire portés plus loin et servir de modèle ;

- que son message de fraternité doit être sans cesse martelé pour que la haine ordinaire prenne moins souvent l’étranger à partie.

- qu’à l’instar de Bahram, le travail n’est pas un simple labeur mais une activité noble au service de l’art et de l’entreprise. Il est souligné que c’est cette qualité qui avait amené Bahram à dénoncer la persévérance de l’entreprise à brader l’art et la culture au profit du mercantilisme. Avoir le courage d’afficher une telle position et prétendre proposer des solutions n’a pas été apprécié à sa juste mesure.

- l’évidence que les méthodes de management de l’entreprise prêtent à la contestation.

Maryse, présidente adjointe de l’association Les Amis de Bahram, a été émue de saisir l’occasion de cette journée pour donner la parole à Bahram.
La lecture d’extraits de ses propos a fait ressortir à quel point l’injustice et l’impuissance de Bahram à se faire entendre le mettaient dans une situation insoutenable.



Cet hommage public, par le nombre de personnes présentes comme par les discours, a donné la preuve que la valeur professionnelle de Bahram était reconnue par la plupart de ceux qui l’ont côtoyé au cours de son activité professionnelle au sein de RMN.

La séance s’est achevée par une minute de silence.

L’association a assuré aux anciens de collègues de Bahram présents, aux agents du ministère et aux délégués syndicaux qu’ils seraient tenus informés de la poursuite de la défense de ses intérêts et de sa mémoire du disparu.